Baptiste et sa Mustang II de 1976

Tombé très jeune en amour avec les voitures en général et les Mustang en particulier, Baptiste est aussi un amateur de cinéma et surtout des courses poursuites télévisées. Jusqu’à l’âge adulte, notre passionné en herbe a cultivé le rêve d’avoir un jour une Ford Mustang. A l’aube de la trentaine, c’est décidé : Baptiste se donne un an pour épargner suffisamment et ainsi obtenir la voiture de ses rêves pour bien commencer sa troisième décennie. Et ce sera une Mustang II de 1976.

Une Mustang de seconde génération !

Choix d’une génération mal aimée

La marque et le modèle étant choisis, il ne lui reste qu’à déterminer la génération de sa futur Mustang. Intéressé par la majorité d’entre elles, il souhaite toutefois éviter les troisièmes et quatrièmes générations, moins à son goût. Baptiste a une préférence pour les anciennes et commence à regarder du côté des première et deuxième générations. Avec un budget limité et des côtes toujours en hausse, notre ami lyonnais se tourne de plus en plus vers une Mustang II.

Des petites-annonces épluchées par le Forum Mustang

Après six mois à éplucher les petites annonces sans trouver chaussure à son pied, Baptiste s’inscrit sur le Forum Mustang. Là, il obtient des avis sur les annonces qu’il trouve à droite et à gauche et peut discuter avec des passionnés ayant une passion commune : la Mustang. Quelques échanges plus tard, Baptiste décide de cibler ses recherches sur la seconde génération de Mustang. Reste maintenant à déterminer la transmission, la motorisation et la carrosserie de sa future voiture. Choisira-t-il une boîte manuelle ou automatique ? Un 4, 6 ou 8 cylindres ? S’orientera-t-il vers un Coupé ou plutôt vers un Hatchback ? N’ayant pas forcément d’exigences forte, le jeune homme laisse le hasard décider pour lui : il regarde ce qu’il y a sur le marché français, belge, allemand, italien et espagnol.

Un modèle rare ?

Les échanges avec les membres du Forum Mustang continuent, les experts répondent régulièrement aux questions techniques de Baptiste ; ce dernier commence à se faire une bonne idée de sa future monture. Fin avril 2017, il s’intéresse fortement à une Mustang II de 1976 Coupé de couleur rouge, un intérieur en simili cuir blanc et rouge, motorisé du V6 2,8l avec une transmission manuelle. Ce modèle est d’ailleurs doté d’un toit ouvrant (sun roof) Avec sa carrosserie et sa sellerie présentant le produit comme neuf, le compteur en km/h et, plus tard, le VIN, l’informent qu’il s’agit d’un modèle « export », de plus en plus recherché. La belle est située en Belgique.

Les plaques d'immatriculations françaises doivent être adaptées pour entrer dans l'emplacement "US" à l'arrière, ce qui n'est pas le cas à l'avant.
Les plaques d’immatriculations françaises doivent être adaptées pour entrer dans l’emplacement « US » à l’arrière, ce qui n’est pas le cas à l’avant.

Premiers échanges avec le vendeur

Une transaction qui s’annonce difficile

Baptiste réalise les vérifications d’usage avec le vendeur Néerlandais mais la discussion n’est pas simple. Le propriétaire actuel ne parle pas le français et difficilement l’anglais. Motivé par sa quête, notre ami s’organise pour aller la voir sur place, entre Anvers et Eindhoven (Belgique). Pour lui, le défi est de taille : sans connaissance en mécanique, Baptiste s’apprête à importer en France la voiture d’un Néerlandais. C’est le weekend du 8 mai que le trajet est effectué jusqu’à Bruxelles (Baptiste a un ami sur place) puis en direction d’Anvers pour rejoindre la belle. Hélas, la vente qui aurait dû avoir lieu le samedi est reportée par le vendeur au jour suivant. Également, n’ayant pas l’accord du vendeur pour utiliser ses plaques d’immatriculation, Baptiste ne parvient pas non plus à louer des plaques temporaires à Bruxelles et à Anvers le dimanche.

Premier regard…

Le jeune lyonnais ne renonce pas et se rend chez le vendeur, à cinquante kilomètres d’Anvers. Là, c’est le coup de foudre ! La Mustang est garée devant l’adresse indiquée par le vendeur. Après un premier tour de la voiture, il s’avère que la peinture est presque neuve. Côté carrosserie, les seuls défauts apparents ont déjà été signalés par le propriétaire par téléphone : une craquelure sur la peinture ainsi qu’un impact sur le pare-brise. L’occasion semble trop bonne pour être réelle.

Baptiste est donc méfiant. Avec son ami, il examine ainsi minutieusement les dessous, le moteur et le comportement de la voiture à l’arrêt. Peu de rouille à signaler, les joints sont en bon état, le ralenti est constant, le bruit à l’accélération est même envoutant… Seul bémol, sous le capot, beaucoup de câbles, durites et gaines sont en vrac. Après examen approfondi, il s’avère toutefois que c’est plus une gêne esthétique que technique. En revanche, une fuite du radiateur est à signaler.

Baptiste a décidé de garder les dés. Le vendeur lui avait dit qu'il les laisserait si Baptiste n'essayait pas de négocier !
Baptiste a décidé de garder les dés. Le vendeur lui avait dit qu’il les laisserait si Baptiste n’essayait pas de négocier !

C’est décidé : c’est la bonne !

Un historique transparent

L’historique indique que la voiture est sortie des chaînes de l’usine de Dearborn (Michigan, USA) en mars 1976. Montée avec son 6 cylindres en V et une transmission manuelle quatre vitesses, ce Coupé deux portes de couleur Bright Red est ainsi destiné à l’exportation. Il est effectivement exporté en Belgique la même année. Son unique propriétaire en a pris grand soin jusqu’à la revendre deux ans plus tôt au vendeur actuel. Ce dernier n’a pas fait plus de mille kilomètres et l’a donc conservée au garage. Aussi, nous notons que la Mustang dispose toujours de son intérieur Rouge Mateao et vinyle Corinthian.

Comportement sur route avant signature

Vient alors le moment fatidique : l’essai routier. Baptiste prend enfin place derrière le volant. La transmission est fluide, la marche arrière passe sans forcer, la direction est certes un peu musclée mais rien d’inquiétant. Aucun bruit suspect à l’accélération à signaler, seulement un immense plaisir.

Les papiers de cession du véhicule sont ainsi remplis en bonne et due forme, et ce, juste à l’heure des résultats de l’élection du Président de la République Française. Cela fait, il est temps pour Baptiste de prendre les clés, de remercier le vendeur et de conduire jusqu’à Bruxelles.

Immigration française

A 110 kilomètres/heure sur l’autoroute, le trajet se déroule sans encombre. Toutefois, la seule difficulté rencontrée concerne la batterie à plat, qui semble être à remplacer rapidement.

Rapatriement retardé

N’ayant pas trouvé de plaques d’immatriculation homologuées pour ramener la Mustang en France, Baptiste est ainsi contraint de faire appel à un transporteur spécialisé. Ce dernier ne pouvant récupérer le véhicule qu’une semaine plus tard, la belle dormira dans un box fermé à Bruxelles durant ce laps de temps. Le professionnel mettant plus de temps que prévu, c’est finalement plusieurs nuits que Baptiste est confronté aux insomnies, sommeils difficiles et autres troubles causés, comme nous le savons tous, par l’attente et le stress de pouvoir enfin retrouver sa monture… C’est l’occasion donc pour notre ami lyonnais de se lancer dans la paperasse relative à l’importation de l’objet tant convoité.

Paperasse, quand tu nous tiens…

Eh oui, car si la transaction est effectuée depuis un pays membre de l’Union Européenne vers un pays membre de cette même organisation, le fait d’importer un véhicule de collection aujourd’hui nécessite des documents et de la patience. En effet, Baptiste doit remplir un dossier FFVE (Fédération Française des Véhicules d’Epoque), réaliser plusieurs visites aux impôts pour le Quitus Fiscal (en l’absence de certificat d’immatriculation) et surtout, après l’obtention du Contrôle Technique, il doit encore patienter de longues heures (cinq dans son cas) dans les files d’attentes interminables de la Préfecture du Rhône pour débourser les 350 euros de la carte grise collection.

De menus travaux d’entretien

Baptiste peut désormais souffler : la Mustang est à lui ! Alors qu’il vient tout juste de la récupérer, il la confie aux bons soins de Boris. Ce dernier remplace les rotules de direction  ainsi que le radiateur rouillé et même troué par endroits.

Prochainement, le pare-brise sera remplacé et une ligne d’échappement sur mesure sera réalisée pour laisser respirer ce V6 volontaire qui ne demande effectivement qu’à ronronner plus fort. Baptiste envisage également la pose de bandes blanches sur son Coupé ! Mais cela est une autre histoire…

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