Chloë et son coupé ’66 – partie 2

Cet article est le second et dernier d’une série de deux articles.

Une nouvelle vie pour cette vieille Mustang

Le transit s’effectue sans problème jusqu’au Havre, en France. Là, Chloë va chercher sa nouvelle auto avec Didier, son papa. Ainsi, fin avril 2017, la Mustang est dans son garage. Deux semaines et demi plus tard, les papiers administratifs (FFVE, contrôle technique, etc.) sont faits.

Entretien et ajustements

Avant toute chose, Chloë et Didier s’attellent à réaliser la vidange de l’ensemble des fluides de la voiture. D’ailleurs, elle trouve dans l’auto un carnet d’entretien bien complet de l’ancien propriétaire. Didier effectue le réglage du carburateur mais cela n’est pas suffisant : le carburateur (un Autolit 4 corps) est fissuré. La jeune femme décide rapidement de le changer pour un Edelbrock performer series 1405 600 cfm, quatre corps. Également, les freins à tambours sont revus avec un bon nettoyage ainsi que des garnitures, flexibles, silent bloc de bras de renvoi de direction et maître-cylindre neufs. Une réparation de fuite de direction assistée est effectuée, un bon nombre de joints est remplacé, et beaucoup d’autres réparations sont faites sur la voiture…

En octobre, en repartant d’un rassemblement, la butée d’embrayage lâche. Cette dernière est remplacée dans la semaine. Ensuite, le siège chauffeur est réparé.

La restauration

Les hostilités commencent

Le mois de novembre amenant le mauvais temps avec lui, il est temps de s’attaquer au gros œuvre pour transformer Old Yeller en Mz Hyde (surnom donné par Chloë à la nouvelle version de sa monture). L’ensemble des éléments de carrosserie et de l’intérieur sont démontés et répertoriés, les branchements, eux, sont repérés pour un remontage dans les meilleures conditions. La voiture est chargée sur un plateau pour l’emmener chez Michael, un ami de la famille qui participera à la mise à niveau de la carrosserie ainsi que de la peinture.

La carrosserie

L’aile arrière et le panneau de porte côté passager sont rapidement coupés pour être remplacés. Le passage de roue et la contre-tôle de réservoir sont aussi remplacés en raison d’une corrosion trop avancée. De nombreuses « aérations » non désirées à travers la carrosserie sont réparées à l’aide de patch de tôle. Suite à cela, les éléments sont correctement alignés et réglés. La jupe arrière (GT) est changée par une neuve.

Le compartiment moteur, qui avait déjà été refait, nécessite de menus travaux au niveau de l’emplacement de la batterie, du nez du longeron et de la traverse avant. Rien de bien méchant pour nos amis Auvergnats.

Concernant les pièces diverses de l’auto, tout ce qui se démonte et qui passe dans la sableuse… est sablé ! Du reste, c’est poncé si ce n’est la brosse métallique sur la meuleuse qui s’en occupe. Nos trois adeptes de la restauration se répartissent les tâches de la manière suivante : Michael est chargé des éléments de carrosserie, Didier s’occupe des tôles de remplacement et Chloë du ponçage sur les ailes avant, les portes et le toit. Ce toit vinyle, notre jeune amie appréhendait de le poncer. C’est finalement une carrosserie saine qu’elle retrouve sous le textile, mise à part un trou de chaque côté, au-dessus de la jonction avec les ailes.

Une peinture noire de protection est appliquée sur les planchers (habitacle, coffre), le compartiment moteur, les passages de roues, et les divers éléments de carrosserie cachés. Un apprêt garnissant est également utilisé pour recouvrir le coffre, le toit et le capot. Un apprêt standard recouvre le reste de la voiture. Le tout est poncé, la voiture est ensuite dépoussiérée pour laisser place à l’atelier peinture !

La peinture

En premier lieux, il s’agit de tracer les bandes au scotch pour ensuite pouvoir les peindre de couleur noire. La voiture est sortie pour être admirée (« OK, ces bandes lui vont vraiment bien et la peinture est propre ! »). Une semaine plus tard, très tôt le samedi 23 juin au matin, les bandes peintes sont cachées à leur tour pour attaquer la peinture du reste de l’auto en… rouge passion ! Il ne s’agit pas là d’une couleur d’origine Ford mais ce rouge s’approche beaucoup du Candy Apple Red de l’époque.

Les deux couches de peinture sèches, il est maintenant temps d’appliquer pas moins de quatre nouvelles couches de verni. Le résultat est sans appel : « c’est magnifique ! ». Mais ce n’est pas le moment de se reposer sur ses lauriers : reste maintenant tous les éléments à peindre et à vernir.

Retour en fanfare… et réassemblage

De retour à la maison, Mz Hyde est admirée par un bon nombre de passionnés du village le lendemain. Dès le lundi, c’est reparti. La semaine sera monopolisée pour remonter l’ensemble de la voiture : face arrière, bouchon de réservoir (repeint), lettrages F O R D, joints, ajustement des vitres, parebrises, chromes, bandes latérales (en vinyle cette fois-ci), poignées, loquet, rétroviseurs, etc.

Le lundi suivant, Chloë nettoie l’intérieur et met en place les nouveaux joncs et tableau de bord. Cette nouvelle semaine est consacrée en grande partie à l’intérieur, avec les nouvelles moquettes, les ceintures, les panneaux de porte, les sièges, la banquette arrière, la console centrale, les haut-parleurs, les bouches de climatisation et chauffage. Le réservoir est remis en place (alors que je suis venu faire quelques photos) et la voiture est démarrée ! Le monstre rugit de nouveau et je peux en attester. Quel son ! Ensuite, la face avant est remontée (feux, pare-choque, calandre, antenne, etc.). La voiture est ensuite lavée de fond en comble et un tour d’essai est effectué. Chloë se sent revivre derrière le volant de Mz Hyde qui ne demande qu’à prendre des tours, pour son plus grand plaisir ! La première sortie officielle peut désormais avoir lieu, et c’est le lendemain ! En effet, la semaine se termine en beauté avec une sortie sous de nombreux applaudissements, étonnements et félicitations.

Les derniers travaux consistent à brancher les fog-lights et mettre en place un système audio plus performant. La voiture est maintenant terminée !

Terminée, oui mais…

En fait, ce n’est peut-être pas encore terminé. Chloë a quelques idées en tête, notamment convertir les freins à tambours actuels en freins à disque pour coller un peu plus au pack GT proposé à l’époque dont cette auto a déjà plusieurs caractéristiques.

 

Le regard des passionnés

Le rapport de Chloë avec les anciennes, c’est surtout des regards incompris. Par exemple, notre amie Auvergnate a commencé à conduire la Traction familiale à l’âge de vingt ans. Dans les rassemblements, les gens ont du mal à se faire à l’idée qu’une jeune femme soit au volant de ce type de voitures. Par ailleurs, lorsqu’elle se rend avec Didier aux rencontres, ce dernier conduit la route aller et Chloë le trajet du retour. Bien souvent, elle fait face aux remarques : « Vous laissez la voiture à votre fille ? ».

Didier a pris l’habitude de répondre « Non c’est la sienne » et lorsqu’on lui rétorque « C’est vous qui lui avez acheté ? », il dit seulement : « Non, c’est elle. Je lui ai simplement offert le carburateur pour son anniversaire. » Aujourd’hui, il prend l’habitude d’anticiper les commentaires en déclarant de but en blanc : « Oui c’est une fille, oui c’est sa Mustang, et non vous n’aurez pas le droit de la conduire ».

 

Conclusion

Pour terminer, ces deux articles nous montrent bien qu’il est possible, avec un budget limité, beaucoup de patience et un peu (beaucoup ?) de savoir-faire de passer du rêve à la réalité. Chloë a très bien géré son affaire avec l’achat d’une Mustang, certes en mal d’amour, bradée et qui semblait avoir fait son temps, mais qui cachait une mécanique robuste, un historique intéressant et une fidélité certaine envers sa nouvelle propriétaire !

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