David et sa Bullitt 2008

La chance et la malchance peuvent parfois être étroitement liées. L’une survient, c’est l’autre qui prend la suite, et vice-versa… Aujourd’hui, nous allons vous narrer l’histoire de David, un homme qui a toujours aimé la Mustang sans réellement savoir pourquoi. Est-ce le mythe qui l’entoure ? Peut-être le doux ronronnement du V8 qui se transforme en rugissement alors que le pied effleure la pédale ? Ou encore la ligne majestueuse du fastback ? Peut-être est-ce tout simplement la crise de la quarantaine qui décide David de passer à l’action…

 

Un achat par hasard

La Mustang de 5ème génération

En 2016, David souhaite acheter une Ford Mustang. Pour faciliter sa recherche, il contacte l’importateur Remler et lui précise ses critères. Ainsi, son investigation porte sur une Mustang de cinquième génération (produites entre 2005 et 2014), coupé ou décapotable équipé d’un V8, intérieur cuir noir ou rouge, avec une couleur de carrosserie Torch Red voire Grabber Orange. Le véhicule doit avoir moins de 100 000 kilomètres et en finition Premium. Son budget est de 25 000 euros ce qui l’oriente plutôt, dès le départ, vers un modèle 2005 à 2009.

Au bout de quatre jours, l’importateur propose un véhicule correspondant aux critères de David. Hélas, le carfax (historique du véhicule) n’est pas satisfaisant : aucun historique de révision et un kilométrage non garanti. Une deuxième Mustang, de couleur Torch Red avec un intérieur gris clair est également proposé à David. Le Carfax fournit est propre. Notre ami verse alors un premier acompte afin de bloquer le véhicule et de pouvoir débloquer la somme totale. Le concessionnaire américain sur place encaisse l’acompte mais décide finalement de vendre le véhicule à une personne sur place.

La chance ne sourit pas vraiment à David, d’autant que les Mustang à vendre avec une carrosserie Torch Red se font rares…

Nouveaux critères

Au mois d’aout, David décide de regarder de son côté et épluche les petites annonces. Il commence à étendre ses critères initiaux (couleur extérieur, couleur de la sellerie, budget, etc.). C’est ainsi que notre investigateur tombe sur une annonce de Bullitt fin septembre. Un modèle qu’il ne cherchait pas, certes, mais une annonce qui ne manque pas le séduire. En effet, si la calandre épurée et des améliorations notables sur la ligne d’échappement, les freins et les suspensions le séduisent, le fait qu’il s’agisse d’une édition limité finit de le convaincre. David est sous le charme : la voiture est parfaite !

David informe Remler de sa découverte. Début octobre, il apprend que la Bullitt est disponible et que le carfax est satisfaisant. Il ne reste qu’à conclure le contrat…

Des difficultés pour l’import

Hélas, ce n’est pas parce que l’on a trouvé chaussure à son pied que le cordonnier accepte de nous livrer la chaussure… L’ami français rencontre effectivement quelques difficultés avec l’achat de la Bullitt : le vendeur (Brighton Ford) ne souhaite pas exporter le véhicule à l’étranger. Cela arrive, parfois les vendeurs sont assez frileux et craignent de ne pas être payés (ça peut se comprendre), d’autres fois c’est par pur patriotisme (« le patrimoine américain reste en Amérique ! »). Dans notre cas, c’est le 6 octobre que David apprend que le responsable de la concession refuse d’exporter la Bullitt.

Par chance, David effectue souvent des voyages d’affaires aux Etats-Unis, et plus particulièrement au Colorado, là où se trouve la Mustang (belle coïncidence !). Il a la bonne idée d’appeler un collègue sur place (à 30 minutes de Brighton Ford) et lui demande de joindre le concessionnaire avec sa ligne fixe (un numéro local) pour lui expliquer la situation et le rassurer. L’objectif de l’appel est de prouver au vendeur que David ne cherche pas à l’arnaquer et qu’il est même prêt à se rendre sur place… ce qui fonctionne puisque le vendeur accepte finalement l’export après deux coups de téléphone.

Finalement, le même jour (6 octobre), à 23h40, David a la confirmation pour son achat. Il effectue le premier versement le 7 octobre. Le 10 octobre, la Bullitt est officiellement réservée ! David, qui a déjà vu une Mustang réservée lui passer sous le nez, attend encore un peu avant de se réjouir. Il raconte d’ailleurs que la période du 7 au 20 octobre a été longue… très longue (et les nuits courtes… très courtes !).

Le transport et l’homologation

Le 20 octobre, notre futur Mustangueur est informé par Remler que tous les documents sont en sa possession. Le bon de commande est joint par email, ça y est, c’est parti pour cette nouvelle aventure ! Il peut enfin souffler. Le transporteur prendra en charge le véhicule la semaine suivante pour exporter la Bullitt vers le Vieux Continent.

C’est finalement pour Noël, le 25 décembre, que le conteneur de la Bullitt arrive en France. Elle est livrée chez Remler le 30 décembre. Il s’avère que l’aile arrière droite est un peu enfoncée, la portière conducteur présente quelques problèmes et des petites rayures sont présentes sur la carrosserie. L’importateur s’occupe de réparer l’ensemble gracieusement.

Le 23 janvier, la Bullitt passe l’UTAC (épreuve nécessaire pour l’homologation) avec succès. Le 21 février, la Mustang est examinée par la DREAL. Cet examen final confirme que la Bullitt peut maintenant rouler sur le sol français. C’est finalement le 23 février que David récupère la belle.

Troisième propriétaire

Revenons un petit peu sur l’historique de cette Bullitt. Produite le 29 novembre 2007 à Flat Rock, cette Bullitt est une des toutes premières à être produites. Elle porte ainsi le numéro 167.

David en est le troisième propriétaire, premier à vivre sur le Vieux Continent et premier propriétaire également à résider en dehors du Colorado. En effet, les deux précédents possesseurs de la belle vivaient dans « l’état centenaire ». David est en contact via Facebook avec le second propriétaire qui avait dû vendre celle qu’il avait nommée « Joséphine » pour s’acheter un véhicule professionnel. Avec son nouveau « maître » européen, la Mustang a conservé son petit nom.

 

Une Bullitt stock… avec quelques modifications quand même

Les propriétaires américains de Joséphine n’avaient réalisé aucune modification sur la Mustang. David avait donc acheté une Bullitt « stock », ce qui est assez prisée par les connaisseurs. Effectivement, une voiture « stock » signifie qu’elle est dans le même état que le jour où elle est sortie des chaînes d’assemblage de Ford. Du moins, à un détail près pour cette #167 ! Le véhicule aurait dû disposer du Shaker 1 000 (le système audio en option) mais celui-ci aurait été remplacé entre le jour du dépôt de la Mustang chez le concessionnaire et l’arrivée de la Mustang en France par un Shaker 500 (système audio de série sur la Bullitt 2008). En plus de ne pas être le bon système, ce dernier est défectueux au niveau du chargeur de CD…

Toutefois, David décide d’effectuer quelques modifications sur sa nouvelle monture. Je rassure de suite les puristes, il conserve l’ensemble des pièces d’origine au cas où il souhaite revenir en arrière.

Les changements de David concernent principalement quelques éléments visuels, le système audio et la visserie.

Premièrement, il remplace les custodes (les petites vitres, pour les passagers arrière) par des SHR (Silver Horse Racing), plus conformes à l’esprit de la Bullitt de ‘68. Les clignotants avant oranges sont remplacés par des transparents, plus discrets. Le Shaker 500 en place est également troqué contre un combiné GPS / Bluetooth / USB.

Un repose pied est aussi ajouté à côté de la pédale d’embrayage et un jeu de robustes tapis WeatherTech est installé afin de préserver la moquette. Les centres de jantes « Bullitt » sont commandés et remplacent les anciens caches centraux de roues. Un autocollant « Bullitt » est ajouté au troisième feu stop. Des vérins sont ajoutés au niveau du capot moteur pour maintenir ce dernier ouvert lorsque David souhaite montrer la belle mécanique de la bête. Une grille permettant de protéger le radiateur sous la calandre est commandée puis installée.

Enfin, une dernière modification d’entretien concerne la visserie en aluminium du compartiment moteur changée par de l’acier inoxydable pour éviter tout phénomène de corrosion entre la tôle et l’aluminium.

Quelques voyages

David a déjà beaucoup roulé depuis son achat et profite des balades organisées par la délégation Rhône-Alpes du Forum Mustang (une région particulièrement active) pour se balader avec sa belle et partager sa passion avec les autres membres et sa famille qui n’hésite pas à l’accompagner.

Ce n’est toutefois pas tout. David a quelques projets en tête avec sa Bullitt. Il compte effectivement partir avec sa petite famille en vacances avec dans le Sud-Ouest cet été. L’année prochaine, il envisage de faire la route jusqu’en Pologne avec pour montrer sa belle monture à sa belle-famille.

Parmi les prochaines activités que notre nouveau Mustangueur prévoit, une sortie circuit / glisse pour apprendre à maîtriser la bête sur toute mouillée et ne pas être surpris s’il devait être confronté à la pluie en situation réelle.

Eh oui, si David a déjà vécu une situation similaire sur le circuit du Laquais à bord d’une GT 2015, c’était avec un instructeur à ses côtés. Et devinez le temps qu’il faisait le jour où notre ami Bressois a ramené sa belle de Rouen ? Fortes rafales, pluie battante. David était seul cette fois-ci, avec une Mustang qu’il ne connaissait pas encore et sur voie ouverte. Par chance, le temps s’est assagit en quittant la région parisienne et David est rentré en Bresse tranquillement.

Dès le lendemain, David reprenait le volant de sa Bullitt (oui, la sienne !) pour rejoindre le Jura et présenter sa nouvelle acquisition à ses proches, qui étaient bien loin d’imaginer son nouvel achat.

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